Par JB6 min de lecture

Sur un 300, un 600 ou une épreuve d’ultra à vélo sur plusieurs jours, il y a toujours ce moment où le téléphone passe sous les 20 %, où la lampe frontale clignote pour signaler sa dernière minute d’autonomie, et où il faut décider, en pleine nuit, ce qu’on recharge en priorité.

En bikepacking, une batterie externe classique suffit largement : on dort à l’hôtel ou au camping, on recharge le soir, la contrainte reste légère. Sur une épreuve d’ultra-distance en autonomie, c’est différent. Il n’y a pas toujours de prise à moins de 100 km, on roule de nuit plusieurs heures d’affilée, et certains vélos embarquent désormais une transmission électronique dont la panne de batterie n’a rien d’anodin.

Voici comment raisonner son autonomie électrique sur ce type de format, et notre sélection de batteries externes adaptées.

Trois besoins électriques à ne pas confondre

La première erreur consiste à raisonner en une seule capacité globale. En ultra, mieux vaut distinguer clairement trois usages, qui n’ont ni la même fréquence de charge, ni la même criticité :

  • Le smartphone : navigation de secours, photos de contrôle, appel en cas de pépin. Consommation modérée mais régulière, surtout si le GPS dédié prend le relais pour la trace principale.
  • L’éclairage (cintre et éventuellement frontale) : c’est souvent le poste le plus gourmand la nuit, en particulier sur les puissances élevées utilisées en descente ou sur chemin.
  • La transmission électronique (Shimano Di2, SRAM AXS) si le vélo en est équipé : consommation minime au quotidien, mais une panne bloque purement et simplement le changement de vitesse.

Ces trois besoins peuvent partager une seule batterie externe si elle dispose d’assez de ports et de capacité, mais il faut les avoir identifiés séparément avant de partir, pas les découvrir à 3h du matin.

Les critères qui comptent vraiment en ultra-distance

1. Le rapport poids / capacité

Une règle simple, éprouvée sur le terrain : 10 000 mAh sécurise une sortie longue ou un BRM court, 20 000 mAh couvre 2 à 4 jours d’autonomie relative, au-delà on entre dans le format autonomie prolongée où le poids devient un vrai arbitrage. Beaucoup d’ultra-cyclistes préfèrent d’ailleurs partir avec deux batteries plus petites qu’une seule grosse : ça répartit le poids, et une panne ou une casse n’immobilise pas tout le système.

2. La vitesse de charge (Power Delivery)

Un modèle compatible USB-C Power Delivery permet de récupérer une bonne partie de l’autonomie pendant une pause ravito ou un arrêt sandwich, quand un modèle lent immobilise plusieurs heures pour une charge complète, un luxe qu’on n’a pas toujours sur une épreuve chronométrée.

3. Le nombre de ports et la charge simultanée

Téléphone, éclairage, éventuellement transmission : ça fait vite deux ou trois appareils. Un modèle avec au moins deux sorties évite de jongler, et la possibilité de recharger la batterie tout en alimentant un appareil change vraiment la donne lors d’un point ravito avec accès à une prise.

4. La robustesse

Pluie, poussière, vibrations sur plusieurs jours : la vie d’une batterie externe en ultra n’a rien d’un bureau climatisé. Un boîtier compact, sans port fragile, glissé dans une sacoche de cadre plutôt qu’exposé, fait toute la différence sur la durée.

Notre sélection de batteries externes pour l’ultra-distance et le bikepacking

Anker 10 000 mAh 30W

  • Recharge rapide 30W, câble USB-C intégré, format compact
  • USB-C + USB-A : de quoi alimenter deux appareils en simultané
  • Idéal pour maximiser une recharge courte au ravito

Nitecore NB10000 Gen 4

  • 150 g, format ultra-compact, coque carbone résistante
  • Double USB-C, IPX5, se glisse dans n’importe quelle sacoche
  • Le choix minimaliste pour sécuriser smartphone + Di2 sur un 300 ou un 600

Anker Zolo 20 000 mAh

  • Environ 320 g, charge rapide 30W, double câble USB intégré
  • USB-C + USB-A, autonomie confortable pour 2 à 4 jours
  • Le meilleur compromis pour un BRM long ou un bikepacking avec transmission électronique

UGREEN 10 000 mAh

  • Écran de charge précis, pratique pour suivre le niveau en cours d’épreuve
  • Charge rapide 20W, câble USB intégré, USB-C + USB-A
  • Un bon rapport qualité-prix pour un usage smartphone + éclairage

Xtorm 27 000 mAh

  • Très grande capacité, charge jusqu’à 67W, plusieurs ports
  • Pensée pour les setups gourmands avec plusieurs appareils dont transmission électronique
  • Plus lourde, réservée aux formats longs en autonomie prolongée

Batterie externe, dynamo ou panneau solaire ?

Trois stratégies existent, et elles ne se valent pas selon le format visé.

La batterie externe reste la solution la plus simple et la plus fiable : on part chargé, on recharge quand l’occasion se présente. C’est le choix par défaut pour la grande majorité des BRM et épreuves jusqu’à quelques jours.

La dynamo produit de l’énergie en roulant et devient réellement intéressante sur les formats très longs, type diagonale ou BikingMan, où l’autonomie ne se limite plus. Elle demande en revanche un investissement et une installation plus techniques.

Le panneau solaire, lui, promet sur le papier une autonomie totale, mais son efficacité réelle dépend trop de l’ensoleillement et du positionnement pour en faire une solution principale en ultra-distance. Tout au plus un complément d’appoint.

Pour la plupart des ultra-cyclistes, la combinaison la plus cohérente reste une ou deux batteries externes bien dimensionnées, éventuellement complétées par une dynamo sur les formats qui dépassent plusieurs jours.

Les bons réflexes avant de partir

  • Testez l’intégralité de votre setup de charge avant l’épreuve, câbles et adaptateurs compris : découvrir un câble manquant à 2h du matin gâche tout
  • Rangez la batterie dans une sacoche de cadre accessible sans tout déballer, avec un câble court qui ne traîne pas dans la transmission
  • Si votre vélo est équipé d’une transmission électronique, vérifiez et rechargez-la la veille du départ plutôt que le jour même
  • Pensez la charge de votre GPS vélo ou montre connectée en même temps que le reste de l’électronique : ils partagent souvent la même batterie externe


Quelle capacité de batterie externe pour un BRM 600 ?

Une batterie de 10 000 à 20 000 mAh suffit dans la grande majorité des cas, avec un smartphone et un éclairage à recharger sur environ deux nuits. Prévoir deux batteries plus petites plutôt qu’une seule grosse reste une bonne sécurité en cas de casse.

Peut-on recharger une transmission SRAM AXS avec une batterie externe classique ?

Oui, mais uniquement avec le petit chargeur dédié fourni par SRAM, à brancher sur un port USB de la batterie externe. Sans ce chargeur, il n’est pas possible de recharger directement les batteries AXS.

Faut-il privilégier une batterie waterproof pour l’ultra-distance ?

Ce n’est pas indispensable si la batterie reste rangée dans une sacoche étanche ou à fermeture roulée. Une protection IPX4 minimum est un plus appréciable, mais une bonne sacoche fait généralement le travail à moindre coût.

Auteur

Rookie de l'ultra-cyclisme, je roule principalement sur route (Van Rysel EDR Ultra) ou sur mon fidèle Ritchey Outback, et parfois en gravel avec un Winspace G3. Passionné de longue distance, je partage ici mon expérience terrain sur l'équipement et les événements ultracyclisme.

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